Contexte

Créée en 1947 par Eugène et Quentin Fabris, l’entreprise Fabris était au départ un petit atelier de mécanique. À la disparition de ses fondateurs, l’entreprise, devenue New Fabris, est rapidement rachetée et son activité orientée vers l’industrie automobile. L’entreprise a ensuite développé ses activités et a employé jusqu’à 800 salariés au début des années 1990. Depuis, des plans sociaux ramènent le nombre des salariés à 366 et l’entreprise réduit le nombre de ses clients jusqu’à n’en avoir plus que deux principaux : PSA et Renault.

En juin 2009, PSA et Renault retirent subitement leurs commandes, malgré les aides conséquentes apportées par l’Etat à ces deux constructeurs pour soutenir le secteur automobile français et ses sous-traitants. Ces constructeurs s’étaient engagés à ne pas provoquer de licenciements dans le secteur automobile.

Sans le soutien de ses deux principaux clients, la société New Fabris se trouve alors mise en liquidation. L’usine appartient à un mystérieux groupe italien appelé Zen. Ses représentants deviennent invisibles.

Les ouvriers se tournent vers les deux constructeurs français Renault et PSA, et vers le gouvernement. Les ouvriers entament dès lors une série de manifestations et de discussions, mais leurs revendications restent lettre morte.

En juillet 2009, les salariés de l’entreprise décident de hisser sur le toit de leur usine des bonbonnes de gaz reliées à un détonateur. Ils envoient un communiqué à l’AFP.

En menaçant de faire sauter leur usine, les « New Fabris » réussissent à faire la « Une » des médias pendant quinze jours en pleine période de vacances d’été 2009. Les médias se précipitent sur le site de l’entreprise. Le Ministre de l’Industrie négocie avec eux. Pendant ces deux dernières semaines de juillet, les ouvriers occupent leur usine jour et nuit, jusqu’à l’expiration de l’ultimatum, le 31 juillet 2009.